La Case Créole

Face à la rénovation du paysage rural  et urbain,  particulièrement forte depuis une vingtaine
d’ années, l’habitat traditionnel Martiniquais a réussi à sauvegarder ses caractéristiques essen
-tielles.  La case, cellule de base de l’ architecture domestique Antillaise,  en est l’ illustration
majeure. Les versions rurales ou urbaines, issues du modèle unique des débuts de la colonisa
-tion, témoignent toujours d’ une remarquable adaptation au climat et aux matériaux de cons
-truction locaux, en opposition avec les choix de l’ architecture contemporaine.
A  l’ époque Amérindienne,  les Arawaks  vivent dans des petits villages de huttes  installés le
plus souvent au bord  d’ un cour d’ eau ou  à proximité de la mer.  Une hutte plus grande que
les autres, "le Carbet", centralise la vie commune, tandis que d’ autres, plus petites, "les Ajou-
pas", servent au repos. Par commodité et sécurité, la cuisine est séparée du reste des constru-
ctions.  Par l’ abondance du bois, l’ influence des réalisations Amérindiennes  et leurs propres
modèles vernaculaires,  les colons défricheurs  multiplient ses abris  légers que  les traditions
culturelles des esclaves Africains ont contribué à enraciner dans l’ île. Les campagnes sèches
du Sud gardent encore quelques case en gaulettes, ces branchages tressés de ti-baume ou de
campêche, parfois recouverts de torchis.  Le Nord a plutôt privilégié le bambou, mais partout,
jusque vers 1940,  le style le plus courant  reste le palissadé en planches,  une ossature de po-
teaux fichés en pleine terre puis dans un soubassement en dur.

Case Créole        Case Créole
L’ utilisation du végétal  en couverture,  paille de canne ou feuilles de palmiers, s’ est mainte-
nue jusqu’ à l’ entre deux guerres,  mais la tuile ronde locale, la tuile-pays, est utilisée depuis
le milieu du XVIIIème siècle.  L’ essente, bardeaux, très répandue,  servait également de pro-
tection au mur pignon.  Le Second Empire amorce le recours à la tôle,  accompagnée de bor-
dures ornementales en zinc.
Toitures
Au milieu du XIXème siècle,  la case s’ agrémente sur sa façade principale d’ une galerie ou-
verte que le toit peut recouvrir par une rupture de pente. Cette véranda, lieu convivial par ex-
cellence, devient l’ espace le plus important de la demeure. Les plus perfectionnées se voient
dotées d’ une base cimentée, plus confortable que la terre battue, et plus résistante à l’ humi-
dité et aux intempéries.

Case avec galerie

Dans les cases urbaines,  le muret sous enduit  protége le bois de l’ humidité du sol, et les ou-
vertures  persiennes  assurent la ventilation.  Contre le soleil et la pluie,  le toit à deux pentes
déborde largement sur la façade,  toujours parallèle à la rue.  Traditionnellement, le bois res-
te brut. Dans les agglomérations, là où les terrains sont onéreux, l’architecture de la case évo
-lue en gagnant un étage. On parle alors de "maison de bourg".  Le rez-de-chaussée est cons-
truit en ciment pour éviter la propagation des incendies, tandis que l’ étage reste en bois. Sou
-vent, un balcon en fer forgé ou en bois vient agrémenter le tout.

Ecorché

Case IXXème Case IXXème Case IXXème

Les logements ouvriers des usines centrales, en maçonnerie, amorcent la conversion de la ca
-se en maison, que généralise, aujourd’hui, l’usage du parpaing et du fibrociment. La case ac
-tuel a une forme carrée,  environ cinq à  six mètres de côté,  trois pour les plus petites,  et est
munie de plusieurs portes fermées par des volets de bois. Elle porte traditionnellement un toit
de tôle ondulée pentu pour l’ écoulement des eaux des fréquentes averses. Elle est générale-
ment occupée par son propriétaire,  mais il arrive assez fréquemment que celui-ci ne soit que
locataire du terrain qui entoure son habitation.



Le bourg des Trois Ilets a su conserver un habitat  caractéristique de l’ architecture  Antillaise.
Dans le centre,  des cases  à bases cimentées  et aux façades peintes  de couleurs vives  don-
nent un charme particulier à la commune.