Toutes les guêpes  sociales se rangent dans le groupe des  Vespidés ( du latin Vespa ). Comme le groupe,
des  Polistes,  qui  est  certainement  le  plus  intéressant  et le plus  facile à  observer.  Ces  petites  guêpes
sveltes, à l’abdomen aminci en avant et en arrière, sont peu agressives, ne commettent pas de dégâts dans
les fruits  et leur utilité  ne fait  aucun  doute  quand  on sait  que,  dans  une  saison,  chacune  peut  tuer  100
mouches et  1’000  chenilles.  Leur nom  signifie " fondateur de la cité ",  mais  leur  cité  est  beaucoup  plus
modeste que celle des autres guêpes. Leur nid, de petite taille, comporte peu de cellules ( une cinquantaine
au plus ) et  n’a pas  d’enveloppe.  Toujours  aérien,  il  s’accroche  par  un pilier  central  à une branche,  une
herbe ou à l’auvent d’un  toit.  La  fondatrice  se fait souvent  aider au départ  non par des ouvrières,  comme
chez  les  abeilles,  mais par d’autres femelles  qui travaillent  sous sa direction en  attendant  l’éclosion  des
premières  ouvrières ( celles-ci  ne  se  distinguent  de la reine  ni par  l’aspect  ni par la taille,  contrairement
aux  autres  Vespidés ).



C’est  aux guêpes  polistes  que revient  la palme  de  l’ingéniosité : ne  les  voit-on pas,  par grande chaleur,
s’approcher des bassins et  fontaines,  y  puiser de l’eau avec leur  bouche pour la répandre  en gouttelettes
fraîches  sur  les  alvéoles  afin  d’abaisser  la température  du  guêpier,  ou  encore  tenter  de  climatiser les
cellules  en agitant  frénétiquement  leurs  ailes ? Le  froid  aussi  les  fait  souffrir,  c’est  pourquoi  elles  sont
beaucou p plus nombreuses  dans  le Midi  que dans le reste de la France.  D’étranges  individus  pénètrent
parfois  dans  la petite colonie  poliste : ce sont  des guêpes  semblables  aux polistes  normaux,  dont  elles
dérivent,  mais qui ont perdu toute habitude de travail social : elles n’ont pas d’ouvrières et,  si elles pondent,
font élever leurs larves. Mâles et femelles vivent donc en parasites mais s’entendent bien avec leurs hôtes et
se nourrissent parfois eux-mêmes en butinant.  L’affaire tourne plus souvent au drame chez les " Vespa " qui
ont aussi leurs " guêpes-coucous " et où la femelle  parasite prend fréquemment la place de la vraie reine
en la  tuant.

Rêve Lémanique