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La Trémouille et
Fleuranges sétaient avancés sous les murs de Milan et aperçurent les Suisses, ils envoyèrent plusieurs dépêches au connétable pour lui recommander de ranger lavant-garde en bataille. Fleuranges courut chez le roi qui sétonna de le voir armé de toute pièces. " Et quoi, mon ami, ne savez- vous pas que nous avons la paix ? " Fleuranges : " Plus de paix, armez-vous, Sire, lennemi savance et vous, Trompettes, courez dans tous les quartiers du camp, sonnez lalarme ! " Ordre est alors donné de sarmer. Des nuages de poussière marquaient la route des Suisses et annonçaient leur approche. François prit le commandement quil sétait réservé. Cétait la partie la plus avancée de larmée et celle par conséquent sur qui devait tomber le premier effort de lennemi : elle était couverte dune nombreuse artillerie rangée sur des plates-formes et défendue par un fossé. Le connétable avait jeté hors du camp et au devant du fossé les Lansquenets, les bandes noires, les Gascons de Pierre Navarre et quelques compagnies daventuriers pour défendre lapproche. Content de ces dispositions et de la joie que montraient les guerriers, François 1er retourna au corps de bataille et envoya ordre au duc d Alençon son beau-frère, de se tenir prêt avec sa division, à défendre la gauche du camp, si lennemi savançait de ce côté, ou à faire passer des renforts dans les endroits qui en auraient besoin. ![]() Il était quatre heures après midi lorsque les Suisses parurent à la vue du camp ; certains quon avait découvert leur marche et qu'on les attendait de pied ferme, ils délibérèrent un moment sils remettaient lattaque au lendemain, pour donner le temps à leurs soldats de se reposer, ou sils marchaient suivant leur premier plan droit au canon. Le premier avis fut adopté par les plus sages capitaines, mais la multitude, enivrée dune folle présomption et transportée de la rage aveugle que leur avait inspirée le discours du cardinal de Sion, fit violence à ses chefs, et leur laissa à peine le temps de former les rangs. La pointe du gros bataillon qui devait attaquer le premier fut confiée à une troupe délite, composée de jeunes guerriers les mieux nés, les plus beaux et les plus braves. Déterminés à vaincre ou à périr, ils essuyèrent sans rompre leurs rangs, sans troubler leur marche, la décharge de toute lartillerie et fondirent avec impétuosité sur les Lansquenets qui soutinrent mal le choc et ne se battirent quen retraite. Un faux bruit et un soupçon injurieux faillirent à tout perdre : les Lansquenets navaient commencé à servir dans les armées françaises que depuis que les Suisses sen étaient retirés. Ils avaient entendu parler du traité de Galeras : ils imaginèrent que leur perte avait été résolue, que les Suisses, leurs éternels ennemis, lavaient demandée comme le sceau de la réconciliation et que les Français lavaient facilement accordée pour être dispensés dacquitter leur solde ; le départ subit de leur capitaine général avait beaucoup contribué à accréditer ce soupçon. La retraite des Lansquenets intimida les Gascons de Pierre de Navarre qui lâchèrent le pied malgré les efforts et les remontrances de ce brave capitaine. Les aventuriers Normands et Picards soutinrent mieux le choc mais, accablés par le nombre, ils allaient succomber lorsque le connétable fit sortir des retranchements les compagnies de gendarmerie du duc de Châtelleraut, son frère, dImbercourt, de Buffi, dAmboise, du comte de Sancerre, et savança lui-même après eux. Ces braves capitaines fondant la lance en arrêt sur le bataillon des Suisses, se firent jour en deux ou trois endroits, culbutèrent et foulèrent aux pieds de leurs chevaux un grand nombre de combattants, mais périrent presque tous dans ce premier effort. Les Lansquenets, honteux de leur erreur, et voulant laver leur honte, revinrent deux-mêmes à la charge avec une nouvelle fureur. Les Suisses qui avaient pénétré jusquau canon, et travaillaient déjà à le tourner sur les restes de larmée royale, furent repoussés loin des fossés. Au corps de bataille, où commandait le roi, la mêlée ne fut ni moins vive, ni moins sanglante : François, emporté par son ardeur naturelle et par lexemple des braves qui lentouraient, senfonça plusieurs fois dans les bataillons Suisses, reçut des coups dont son armure le garantit, et donna la mort à plus dun ennemi. La nuit ne sépara pas les combattants : les deux nations acharnées lune contre lautre, continuèrent leurs efforts au clair de la lune et à la lueur de feux quon allumait de distance en distance. Les Suisses portaient comme les Français lécharpe blanche : on ne pouvait les distinguer quà des figures de clefs cousues sur la poitrine ou sur lépaule, symbole de leur dévouement au Saint-Siège. Lobscurité ne permettait pas toujours de reconnaître ces marques : plusieurs Français y furent trompés et, en croyant rejoindre leur bande dont ils se trouvaient séparés, ils se mêlèrent aux Suisses qui les égorgeaient impitoyablement. La bataille dura jusqu à onze heures du soir. Alors les principaux capitaines Suisses, désespérant de gagner ce jour-là leur premier avantage, songèrent à rappeler leurs gens. Nayant ni tambours ni trompettes, ils firent sonner les deux cornets dUri et dUnterwald. Ce sont deux énormes cornes de buf dont les pâtres de ces Cantons se servirent pour sattrouper lorsquils secouèrent le joug de la maison dAutriche et osèrent défendre leur liberté. On les garnit depuis dargent et elles demeurèrent depuis en vénération parmi les ligues. A ce signal respecté les Suisses séloignèrent à quelque distance du camp et attendirent impatiemment le retour de la lumière pour recommencer le combat. Les Français de leur côté, épuisés de fatigue, songèrent à réparer leurs forces par quelques heures de sommeil. Le roi ne voulant point retourner à sa tente, reposa quelques instants sur un affût de canon. Le chancelier Duprat envoya trois courriers vers lAlvianne pour le conjurer de faire avancer larmée Vénitienne sans perdre un instant, le second vers Lautrec et le bâtard de Savoie pour leur témoigner le besoin quon avait de leur présence et des trois cents lances qui leur servaient descorte, et le dernier vers Louis dArs qui gardait Pavie pour lui demander de préparer en toute diligence des ponts sur le Pô et dassurer la retraite de larmée en cas de défaite.
![]() Dès que le jour parut, les deux armées, transportées dune égale ardeur, se remirent en bataille. Le connétable formant ses dispositions sur celles de lennemi, ne garda pour couvrir laile droite que les bandes noires et les Gascons de Pierre Navarre. Les Lansquenets furent placés au corps de bataille et les aventuriers Français à laile gauche commandée par le duc dAlençon. La gendarmerie qui était le nerf de larmée, fut répartie par égales portions dans ces trois divisions. On lui avait ménagé des issues faciles pour tomber à propos sur lennemi et le prendre en flanc lorsquil serait aux mains de linfanterie. Les Suisses, de leur côté, avaient beaucoup mieux combiné cette nouvelle attaque. Instruits par lexpérience de la veille quils trouveraient à laile droite et au centre la plus vigoureuse réticence, ils se proposèrent de diriger leur principal effort sur laile gauche quils soupçonnaient être la plus faible. Pour en triompher plus sûrement, ils détachèrent un corps de quinze cents hommes qui, prenant un long circuit, devaient tourner le camp, mettre le feu aux bagages des Français, et après les avoir intimidés par ce spectacle qui leur ferait soupçonner lapproche de larmée Espagnole, les charger en queue sans leur donner le temps de se reconnaître. Il ne sagissait plus de dérober cette manuvre aux Français et doccuper tellement les deux autres divisions, quelles ne pussent envoyer de renforts à laile gauche. Un gros bataillon partant le premier du centre savança avec vingt pièces dartillerie à peu de distance des Lansquenets, tirant presque à bout portant sur cette division et paraissant à tous moments sébranler, sans cependant savancer jusquà la longueur des piques. Deux autres bataillons, composés chacun de dix mille hommes, vinrent fondre à grands pas sur les deux ailes de larmée pour avoir moins à souffrir du canon du camp qui plongeait sur eux et leur enlever beaucoup de monde. A laile droite des Français, les bandes noires furent enfoncées comme les Lansquenets lavaient été la veille. Les Gascons de Navarre, couverts dune sorte de palissade garnie d arquebusiers , arrêtèrent assez longtemps les Suisses pour donner la facilité aux bandes noires de se former de nouveau et au connétable de faire sortir la gendarmerie qui, après un combat opiniâtre, les força de reculer. Le danger fut plus grand à laile gauche où commandait le duc dAlençon ; les aventuriers Français furent tellement épouvantés quils ne songèrent plus quà senfuir ; la gendarmerie abandonnée soutint seule le poids du combat. Le maréchal Chabannes, le brave Vendenesse son frère, dAubigny, le duc de Vendôme, le compte de Saint-Pol, à la tête de leurs compagnies, combattaient de pied ferme, résolus de périr avant que de reculer dun pas. Accablés par le nombre, démontés pour la plupart et trop serrés pour pouvoir manuvrer, ils auraient succombé si la fortune ne leur eût envoyé un secours sur lequel on ne comptait que faiblement. Vers les neuf heures du matin, lAlviane qui avait marché toute la nuit, sapprocha avec la cavalerie Vénitienne, après avoir laissé ordre à ses lieutenants damener linfanterie, le plus promptement quil serait possible. A quelque distance du champ de bataille, il trouva les aventuriers Français qui fuyaient sans savoir de quel côté ils tourneraient leurs pas. Il les arrête pour demander des nouvelles de la bataille : " Elle est perdue ! " " Courage, suivez-moi seulement, nous laurons bientôt regagnée ! " Les bandes, rassurées par cet air de confiance, prirent le parti quon leur proposait. Le premier objet qui se présenta fut le détachement de quinze cents Suisses qui, séparés du gros de larmée, tournaient le camp pour aller mettre le feu aux bagages. LAlviane le chargea sans balancer, le rompit et le força de retourner sur ses pas. Cet avantage lui coûta des larmes. Le jeune compte de Pétiliane, fils de son bienfaiteur, qui promettait déjà un jour dégaler la gloire de son père, périt dans cette action. LAlviane, sans perdre de temps, tomba sur la division des Suisses qui pressait laile gauche des Français et les obligea bientôt à faire volte-face. Surpris de cette attaque imprévue, pressés en tête et en queue et ne pouvant plus ni reculer ni avancer, ils tournèrent à droite et longèrent le front de larmée, exposés à toutes les décharges de lartillerie. Un plus grand danger les attendait encore : la route quils suivaient les fit tomber dans le corps des Lansquenets qui couvraient le corps de bataille. La jalousie qui divisait les deux nations rendit ce choc terrible, quoique les Suisses désespérant déjà de la victoire, ne songeassent quà vendre chèrement leur vie ou à souvrir le chemin de la retraite. Repoussés de toutes parts, et plutôt écrasés que vaincus, ils se retirèrent enfin, plaçant au milieu deux les blessés, et reprirent la route de Milan, la rage dans le cur, la même fierté dans les regards, marchant en silence, à pas lents, sans désordre ni confusion et tournant quelques fois la tête pour voir si quelquun les suivait. ![]() Les capitaines Français, assemblés autour du roi, délibéraient sur le parti quon devait prendre. Les plus jeunes et les plus emportés étaient davis quon marchât sur-le-champ à la poursuite et sindignaient quon perdit à délibérer le moment dagir. Ils représentaient que tout ce quil y avait de plus brave parmi les Suisses était mort ou blessé, que les autres, quelque contenance quils affectassent, ne soutiendraient point une nouvelle charge et fuiraient à la débandade dès quils se verraient poursuivis, quil ne fallait pas se borner à les dissiper, mais profiter de leur étonnement pour leur enlever les forteresses de Locarno, de Lugano, de Bellinzona et de la Valteline quils avaient usurpé sans titre et pour lesquelles on leur avait inutilement offert la somme de trois cents mille écus, quon pourrait alors se vanter davoir terrassé leur orgueil et les regarder comme véritablement vaincus puisquil ne tiendrait plus quau roi de les faire tous périr de faim en mettant des garnisons dans ces forteresses et en défendant par un édit la traite des bleds. Que jusquà ce que cela fût exécuté, la victoire sanglante quon venait de remporter était parfaitement inutile, puisque tenant en leurs mains les clefs de lEtat de Milan, ils y reparaîtraient au printemps prochain, ou même avant la fin de lhiver, plus fiers et plus formidables quauparavant. Quon devait faire attention combien la conduite quon tenait à leur égard était propre à augmenter leur présomption et leur orgueil. Quils publieraient partout quaprès être venus défier et assaillir dans son camp un roi de France à la tête de toutes les forces de son royaume, ils avaient tellement intimidé cette noblesse française, autrefois si brave, quelle avait regardé comme un triomphe davoir défendu son camp pendant deux jours et navait pas eu le courage de les inquiéter dans leur retraite. Ceux qui pensaient quon devait laisser aller les Suisses sautorisaient dabord de ces maximes proverbiales : " quil faut faire un pont dor à un ennemi qui fuit ; quil ne faut point se battre contre les désespérés. " Ils citaient la fameuse journée de Poitiers, et un grand nombre dautres exemples, où une poignée dhommes réduits au désespoir avaient triomphé des armées les plus formidables. Descendant de ces généralités au cas présent, ils demandaient si des hommes, qui depuis vingt-quatre heures navaient ni bu ni mangé, qui étaient accablés de lassitude et tombaient dinanition, étaient bien propres à recommencer sur-le-champ un troisième combat et, au cas où ils trouvassent assez de force et de courage pour lentreprendre, si leurs chevaux ne succomberaient pas sous le poids du travail ? Ils demandaient encore si lobjet quon se proposait méritait les risques quon voulait courir et sil était de la prudence dexposer la gloire acquise dans les deux combats précédents, la personne du roi, la conquête certaine du duché de Milan, pour empêcher quelques milliers de Suisses de retourner dans leurs montagnes ? Ils montraient que ce serait saveugler volontairement que de regarder la conquête des châteaux de Locarno, de Lugano et de Bellinzona comme une suite naturelle de la victoire, que ces châteaux étaient situés dans des lieux dun difficile accès, où la cavalerie ne pouvait pénétrer, quils étaient défendus par de fortes garnisons et si voisins des Cantons quavant quon sen fût approché, ils auraient le temps de mettre sur pied une nouvelle armée, doccuper les défilés et de défier en sûreté toutes les troupes Françaises, que le projet de soumettre les Suisses était un projet chimérique et ruineux, quon ne subjuguait point un peuple pauvre et guerrier, quau lieu daccroître et de perpétuer une haine également funeste aux deux nations, il fallait chercher les moyens les plus prompts de parvenir à une réconciliation, que la France, enveloppée de voisins jaloux, ne se maintiendrait dans une position trop enviée et ne réussirait à faire valoir les droits quelle avait encore sur dautres Etats dItalie quen mettant les Suisses dans ses intérêts. On préféra dans cette rencontre le parti le plus sûr au plus glorieux : les Suisses ne furent point troublés dans leur retraite. Après avoir déposé dans les hôpitaux de Milan deux mille blessés, et laissé à Massimiliano Sforza quinze cents soldats déterminés qui devaient senfermer avec lui dans le château, ils reprirent la route de leur pays, promettant quils ne tarderaient pas à revenir avec des forces plus considérables. Le cardinal de Sion qui, pour satisfaire sa haine, venait de causer à sa patrie la plus grande perte quelle eût encore essuyée, nosa les suivre : soit quil craignait les justes reproches de ses compatriotes et la vengeance de ses ennemis personnels, soit quil jugea sa présence plus utile en Allemagne, il se retira avec Galeas Visconti à la cour de lempereur.
![]() Après avoir pris Milan et Crémone, constatant que lempereur, le roi dEspagne et le roi dAngleterre avaient renouvelé une ligue offensive contre la France et quil ne doutait pas que ces derniers fissent tout leur possible pour y entraîner les Suisses, François 1er jugea plus utile de les acquérir à sa cause tandis que personne ne les sollicitait encore. Il fut alors recouru à la médiation du duc de Savoie qui proposa denvoyer des ministres à Genève, faisant en sorte que les députés des treize Cantons sy trouvassent.
![]() Le roi était résolu des les acquérir à quelque prix que ce soit, persuadé quil était que les autres puissances tenteraient de les séduire par des offres éblouissantes. François 1er avait maintenant des vues sur le royaume de Naples. Il consentit donc à doubler leurs pensions, à leur payer les quatre cent mille écus stipulés par le traité de Dijon, à racheter pour trois cent mille écus les places usurpées sur le duché de Milan, sans même y comprendre le comté de Bellinzona dont il prévoyait quils ne se dessaisiraient pas volontiers. Il exigea en revanche que lalliance quils allaient contracter avec lui fût sans réserve, quil pût lever dans les Cantons le nombre de soldats quil désirerait, sans avoir besoin du consentement préalable des diètes qui ne sassemblaient jamais quà grands frais et dont les lenteurs ne saccommodaient pas toujours avec lexigence des affaires. Malgré le zèle du duc de Savoie, que les deux partis avaient reconnu pour médiateur, et malgré la facilité du roi qui porta ses offres jusquà un million décus, on ne put conclure d alliance quavec les huit grands Cantons. Les cinq petits et les ligues grises qui se trouvaient en possession des places fortes qu on voulait recouvrer s obstinèrent à ne rien rendre et se retirèrent. Guillaume de Goussier, seigneur de Bonivet, sétant approché des places contestées avec un détachement de larmée, en reprit quelques unes avant que les Suisses pussent venir les défendre. Cet essai de leur faiblesse et labandon de leurs alliés portèrent enfin les petits Cantons à se joindre aux autres. Mais ce nest que lorsquils nont plus été soutenus que par les agents du roi dAngleterre et par ceux du pape que les cinq petits Cantons Suisses cédèrent aux instances des autres Cantons face auxquels ils sétaient retrouvés en 1516 lors de lexpédition de Maximilien en Italie forte de quarante mille combattants, bien secondés par le cardinal de Sion qui avait passé en Angleterre en habits de marchand pour achever par sa présence et par ses discours de déterminer Henri VIII à la guerre. Revenu en Suisse, il publiait des libelles diffamatoires contre les Français, exhortant ses compatriotes à venger ceux qui sétaient immolés pour la défense de lItalie et du Saint-Siège. Il leur promettait des gouvernements et des terres de la part de lempereur et de grosses pensions de la part du roi dAngleterre. Il promettait aussi des indulgences et des bénédictions de la part du pape ! Avec largent de lAngleterre, il leva une armée de quatorze mille combattants qui allèrent se joindre à larmée de lempereur sous la bannière des cinq petits Cantons. Le roi avait quitté lItalie avec le gros de ses troupes. Dans un péril si pressant, le connétable sadressa à ceux des Cantons qui avaient fait alliance avec le roi. Albert Lapierre, magistrat de Berne, ennemi personnel du cardinal de Sion, obtint la permission de lever et de conduire au secours des Français un corps de douze mille hommes. On décida de défendre Milan, ce qui signifiait que des Suisses se retrouvaient dans deux partis opposés. ![]() Les cinq petits Cantons cédèrent aux instances des autres Cantons qui les conjurèrent de ne point donner atteinte par une opiniátreté déplacée à une union qui assurait la tranquillité générale et de ne pas aigrir une puissance qui pouvait désormais faire tant de bien ou tant de mal à la république helvétique. |