Semaine du soir, 24 juin 2008
Arrivée à cinq heures moins vingt au port du Basset, Clarens, le temps est calme, mitigé plutôt gris, et lourd.
La vue des premiers bateaux amarrés devant le club-house ne laisse aucun doute ; la régate sera sévèrement disputée.
Le gonflage des bouées bat son plein, le préposé au rendu photographique de l'ambiance de cette soirée n'hésite pas à capter la moindre seconde, il photographie même ce qui ne bouge pas.
Malgré la chaleur, la tension monte.
Les participants s'attablent peu à peu sur la terrasse du club-house.
Les bateaux s'animent, Monsieur André Wyss, la plus haute instance, starter, met en tableau les instructions de course, la procédure de départ, avec tout l'enthousiasme du bonheur d'avoir renoué avec ses lunettes quelques semaines égarées... dans une bouée...
L'artificier-starter est catégorique : la régate se disputera mais le doute plane encore sur son orientation.
Le Maître du club-house, Michel Detrey, distribue les billets pour le repas, cinquante convives sont attendus à cet acte de la grande messe au solstice d'été de la SNMC (SNCM en présence de Michel !).
Poulets et ananas ont été sacrifiés pour le plus grand bonheur de certains et une légère appréhension du Président du groupe de la protection de l'ananas qui n'a pas hésité à se déplacer à une de ses nombreuses fêtes estivales du port du Basset.
Le grand pavois est en place sous le pavillon de club de côtes battues par des vents tempétueux et constants.
Sur les bateaux l'agitation augmente, la chasse aux équipiers manquants bat son plein.
Aux tables du club-house ça rit, ça rit.
A près de dix-huit heures le principal invité de la soirée, le vent, se fait désirer en Diva.
La hauteur des mats des bateaux au ponton d'honneur reste toujours aussi impressionnante.
Les bâches et les taux tombent, leurs gardes-robes prêtent à en découdre se révèlent.
La chaleur et le gris restent de mise dans une luminosité soutenue.
Il est dix-huit heures trente quand les premiers bateaux glissent vers l'arène.
Des airs encourageants vont les accueillir et presser les derniers.
Au bout de la jetée, la vue sur le départ est imprenable.
Du lointain des échos râleurs sont perceptible : le vent qui s'esquive, effrayé par les coups de feu et les clairons de la renommée ; les garcettes encore en place (les garces !), les écoutes rangées à la romaine, à la bolognaise, selon les goûts de l'équipier chaleureusement encouragé par un skipper consterné de ce talent...
Le club-house paraît maintenant bien désert.
La faim tenaille certaines que l'inactivité creuse.
Téa Leresche, 13 ans
|