Semaine du soir, 25 juin 2008
La soirée du 25 juin 2008 est un hymne à la perfection avec juste les légers flottements, les petites inexactitudes, les poussées d'adrénaline, les haussements de ton propres à la navigation, qui la rendront tellement humaine.
Une soirée parfaite c'est les nuages et le soleil qui joueront à Rembrandt pour peindre à chaque seconde un nouveau décor, déplacer la lumière d'un endroit à un autre de la scène de ce plateau paradisiaque.
C'est les airs qui se lèvent pour applaudir les bateaux qui sortent du Basset.
Ces airs qui sauront gonfler les voiles pour assurer la régate de rêve.
Ces airs qui sauront se déporter sur le travers du parcours juste pour rendre le rêve encore plus réel :
nous sommes bien sur le haut Léman, cet endroit où le grandiose rend la pratique de la voile si subtile.
Une soirée de régate réussie c'est aussi, c'est surtout, les Men in Black ; ceux qui font tout, l'invisibilité de leurs efforts étant leur but suprême, l'invisibilité de leurs efforts étant proportionnelle à la réussite de l'événement.
Leur joie, ils ne l'auront pas sur l'eau mais la trouveront, inquiets, dans les yeux des navigateurs.
Le commandant en chef des MIB, c'est Marco, celui qui réglera tous ses petits détails d'organisation insignifiants pris séparément, bien plus pesants par leur nombre et leur stratégie d'avance groupée avec débordement sur les ailes et incursions de sabotage derrière la dernière ligne de défense.
Au soir de la grande messe, il assurera la réception des inscriptions, il se détendra en torturant une pauvre machine qui n'en demandait pas tant afin d'établir un palmarès envers et contre tout, il épaulera le buffet avant de manger, en dernier, dans un coin d'ombre (mais en excellente compagnie !)
Les informations de François Thorens viendront résoudre un dernier de ses petits soucis, épargner plus de travail qu'il n'y paraît.
François s'est substitué à des amis par trop distrait par la dégustation de leur plaisir et il en est chaleureusement remercié.
L'ouverture et le final de la symphonie sont en mains de Béatrice et Michel Detrey.
Des semaines à répéter chaque note, ne pas en oublier une (sauf le sirop de menthe pour souligner la parfaite interprétation ; la touche de virtuosité).
Ils cacheront leur trac qui dans l'efficacité, la discrétion entourés d'un sourire, qui dans les ordres brefs et précis et les déclarations à l'emporte-pièce qui font que nous sommes bien au port du Basset de Clarens plutôt que dans un port de Montreux.
L'imprévisible, longuement sous-pesé, a été prévu, les lasagnes, maison, sont parfaites ; des couleurs hollandaises, Béatrice et Michel nous ont transporté au bord d'un lac du nord de l'Italie.
Le point d'orgue d'une soirée de la semaine du soir, c'est la régate, son alchimiste c'est André Wyss entouré de ses efficaces disciples Poupou et Julon.
Les ordres de course sont parfaitement clairs, affichés dans le moindre détail, la recette est accessible à l'amateur le moins expérimenté.
Poser un parcours sur ce plan d'eau qui nous est si cher s'apparente plus à une partie de roulette russe qu'à un formel de météorologie ; c'est là que le talent de l'alchimiste ne peut que s'exprimer.
Quelques brasses sur tribord, un léger glissement sous le vent, une dernière concertation rapide ; l'alambic est en place.
Il est l'heure de lancer la procédure : chacun est à sa place, chacun exécute sa part.
Les bateaux s'approchent de la ligne, le sérieux est de mise, une seconde pour faire la différence entre une soirée de club festive et une manche du championnat du monde : ça sera la fête !
L'ingrédient Dogleg remplissant son rôle anti-fusion du coeur au vent, il distille son petit moment de détente dans l'antre de l'alchimiste mais Eole presse l'équipe à rejoindre la bouée sous le vent.
Le Fair-Play y est de mise, la recette prend.
L'ultime touche approche, les derniers éléments à doser sont passés en revue (glissement du vent, tenue des airs, qualités des bateaux présents, règlements, programmes télé...)... Tout c'est déroulé au mieux... Il ne reste qu'à ranger l'alambic.
Encore quelques regards, quelques interventions, pendant que la soirée glisse dans une douceur estivale.
Le plaisir s'insinue lentement dans les esprits : On a eut du bol avec le temps. Ils ont l'air contents.
Non Madame, Messieurs, vous vous êtes dévoué sans compter au plaisir des autres que vous espérer comme seule récompense.
Bravo et merci de la part de tous
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