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Les airs sont plus soutenus que la veille et la concentration préside à la préparation des voiliers.
Aucun équipier n'a le loisir d'une pensée pour le passé de l'île de Salagnon, le plus élégant amer du Basset, la bienveillante protection aux vents tempétueux quand il s'agit d'affaler avant d'entrer dans le port, ou de gréer dans des conditions acceptables pour s'en aller pactiser avec un Eole rageur.
Les héritiers du peintre Théobald Chartran vendront l'île en 1917, plus de dix ans après l'extinction du dernier lampion des fêtes d'antan.
Salagnon baigne toujours dans son silence, loin des regards indiscrets, jusqu'à l'arrivée du comte russe.
C'est enfin le soir du retour de l'époque fastueuse.
Le comte et sa femme, la belle Olga, offrent à la population de Clarens une grande fête vénitienne dans le golf du Basset, c'est l'enchantement général.
Au lendemain matin les fournisseurs guillerets s'en viennent présenter leurs factures à Monsieur le comte.
Pas le moindre comte, pas plus de resplendissante Olga, ils se sont évanouis à jamais avec le rêve qu'ils avaient si fastueusement inspiré et mis en scène...
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