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Depuis deux ans déjà la pauvre Judith devenait de plus en plus affreuse.
A l'apitoiement succède le dégoût, la peur.
Les autorités sont priée de prendre des mesures.
C'est en 1632 que quatre disciples d'Esculape reconnurent sur le visage de Judith Bezat au Denis, Judith Martin née Bezat, cinq des six marques de la lèpre.
Le sort de Judith était scellé, elle serait reléguée à la Maladaire à l'automne a moins que les signes ne disparussent.
On se hâta de remettre en état le logis des lépreux abandonné depuis trente ans.
Judith et sa fille Benoîte, agée d'environ trois ans et déclarée suspecte, y sont déportées en novembre 1632.
Judith Martin y décède dix-sept ans plus tard, en avril 1649.
Benoîte n'avait pas été contaminée et on perd toute trace d'elle à cette date.
On ne peut qu'espérer que, pour ses vingt ans, Benoîte a pu rejoindre le monde des gens heureux, le monde des gens qui n'ont pas d'histoire.
La chronique de la Maladaire de Clarens, surtout de la dernière lépreuse du baillage de Vevey, a peut-être connu un dénouement heureux.
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